Esprit S.F.

Culture S.F. F. & F. (Science-Fiction, Fantasy & Fantastique)

La Ville (Nouvelle)

The City
© 1950 – Ray Bradbury

Située sur une planète quelconque orbitant autour d’une étoile perdue de la périphérie de la Galaxie, la Ville attend depuis vingt mille ans qu’on vienne la réveiller.

Aussi, lorsque des étrangers atterrissent dans leur fusée et explore la Ville en quête de ses habitants, Elle n’est que trop contente et déploie, un par un, tous ses détecteurs pour identifier ses visiteurs et les comparer à sa banque de données.

Et s’il s’agit de l’Ennemi, cette race abjecte qui extermina ses créateurs il y a de cela des temps immémoriaux, gare à Lui car le courroux de la Ville sera terrible et la réponse immédiate et définitive !

La vengeance est un plat qui se mange froid…

Mon avis

Il y a deux choses qui sautent aux yeux lorsqu’on lit cette nouvelle : elle est fichtrement bien écrite… mais elle a aussi beaucoup vieilli !

Placer une nouvelle vingt mille ans dans le futur et lire des expressions comme « bande magnétique », des « relais qui cliquètent », des « cornues » et des « alambics »… cela ancre définitivement la nouvelle dans les années cinquante et égratigne quelque peu le vernis de crédibilité de ce récit. Je pense qu’un auteur devrait rester assez flou quand aux technologies qu’il décrit car le risque est grand de se fourvoyer et d’être rattrapé, voire dépassé, par la science.

Heureusement, ces rappels à la technologie balbutiante du milieu du siècle dernier sont peu fréquents et ne doivent pas faire oublier que Ray Bradbury (Chroniques martiennes) n’est pas un scientifique, c’est avant tout un poète, un virtuose de la plume, un merveilleux conteur qui décrit avec brio l’éveil de la Ville et ses ressentiments envers ses ennemis.

Cette nouvelle aborde également la question de la responsabilité d’une espèce (ou d’un pays, d’un clan…) vis-à-vis des actions de ses ancêtres. Si nos pères ont commis un génocides, pouvons-nous être tenu pour responsables ? Et si nous ne sommes même pas au courant, comment réagirions-nous face à une vendetta que nous qualifierions d’aveugle ? La haine séculaire commence bien souvent par un malentendu…

Bref, une excellente nouvelle qui, si on oublie ces quelques incohérences, fait passer un moment inoubliable… et je sais de quoi je parle car j’ai lu cette nouvelle il y a une vingtaine d’année et je m’en souviens toujours comme si c’était hier.

Notes

Nouvelle lue dans le recueil :

Updated: 6 avril 2016 — 10 h 59 min

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