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Tau Zéro – Poul Anderson

Tau Zero
© 1970 – Poul Anderson

Attention à vos mirettes car ce bouquin est un véritable chef d’œuvre de hard science, mettant en scène avec brio la relativité d’Einstein.

L’histoire

Avec l’espoir de pouvoir coloniser de nouvelles planètes autour de l’étoile Béta de la Vierge, le vaisseau spatial Leonora Christina est envoyé avec à son bord un équipage de cinquante personnes. En son sein, un nouveau système de propulsion qui doit le mener à des vitesses jamais atteintes et ainsi raccourcir le temps de voyage pour les passagers, franchissant les trente trois années-lumière en cinq années de temps-vaisseau.

Mais voila, en chemin, une avarie du collecteur Bussard, les force à accélérer en permanence sans jamais pouvoir s’arrêter.

Commence alors un étrange voyage à des vitesses et des énergies toujours plus élevées, provoquant des effets relativistes inédits et les emmenant toujours plus loin dans l’espace mais aussi dans le temps.

Quand s’arrêtera leur périple ? Si jamais il s’arrête…

Mon avis

Comme je le disais en préambule, ce bouquin est une pure merveille de hard science, une véritable claque dans le museau ! C’est étrange d’ailleurs que ce roman ait été nominé pour le prix Hugo en 1971 sans l’obtenir[1]Il faut dire que c’est Larry Niven qui a reçu le Hugo cette année-là avec L’Anneau-monde. La bataille a dû être rude..

Au début je n’étais pas très chaud. La couverture de l’édition Pocket l’annonçait un peu trop clairement : « L’un des meilleurs romans de SF jamais écrits. » Un peu trop prétentieux à mon goût. J’ai mis du temps avant de m’y mettre. Et quand je m’y suis mis, je peux dire que j’ai pris une des meilleures décision de ma vie[2]Ouais, bon, n’exagérons pas tout de même 🙂 .

Ayant fait des études de physique dans ma jeunesse, je suis un passionné de sciences en général, et d’astrophysique en particulier. Alors autant vous dire qu’avec un bouquin qui parle d’un de mes sujets préférés, la relativité, j’étais aux anges.

Aux anges, oui, mais pas tout de suite, car au début de l’histoire je m’ennuyai ferme. Pas encore de relativité et de paradoxes, et les personnages sont un peu plats, pas très intéressants. Mais rapidement, mon sujet de prédilection arrive et commence alors un fabuleux voyage au royaume de l’espace-temps.

Autant vous le dire tout de suite, si vous ne connaissez rien à la relativité, vous allez souffrir car ses concepts sont assez difficiles à aborder quand on n’a pas l’habitude. Mais après un petit temps d’adaptation la magie doit opérer et quiconque s’accroche un peu doit ressentir ce sense of wonder que j’ai moi-même ressenti.

Sachez donc que l’un des effets relativistes les plus marquants de ce roman est la dilatation temporelle se produisant à des vitesses proches de celle de la lumière. Quid ? Lorsque vous approchez de cette vitesse limite, le temps se met à se dilater pour le monde extérieur et une minute à l’intérieur du vaisseau peut équivaloir à des heures, voire des jours, à l’extérieur. Tout dépend d’un certain facteur, le facteur “tau”, et quand “tau” atteint une valeur proche de zéro[3]D’où le titre du bouquin. la dilation tend vers l’infini.

Et ça, Poul Anderson l’a manifestement bien compris et exploité ses effets avec brio. Les passagers du vaisseau, allant de plus en plus vite, passent des centaines, des milliers, des milliards d’années à bord à observer l’évolution de l’univers.

Alors si vous n’avez pas encore ce bouquin, je vous conseille… non je vous ordonne de vous le procurer au plus vite et de vous préparer pour une aventure extraordinaire dans l’univers d’Albert Einstein.

Références

1 Il faut dire que c’est Larry Niven qui a reçu le Hugo cette année-là avec L’Anneau-monde. La bataille a dû être rude.
2 Ouais, bon, n’exagérons pas tout de même 🙂
3 D’où le titre du bouquin.

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